En 10 secondes
- Conduire un scooter à Phuket sans permis international catégorie A, c'est illégal et aucune assurance ne joue en cas d'accident.
- Filmer le scooter en vidéo sous tous les angles avant de partir et envoyer immédiatement au loueur par WhatsApp. C'est la seule protection réelle contre les accusations de faux dommages.
- Ne jamais laisser le passeport original en caution. C'est illégal en Thaïlande et ça transforme n'importe quel litige en rapport de force.
- Les assurances voyage françaises et les cartes bancaires excluent quasi systématiquement les deux-roues. Vérifier explicitement avant de partir.
- Un accident sous alcool annule toutes les assurances sans exception. Pendant Songkran et le Nouvel An, laisser le scooter garé.
- Le scooter est indispensable à Rawai, Nai Harn, Chalong et dans le nord. Il est inutile à Patong, Phuket Town et Kata/Karon.
- Amendes 2026 : casque manquant 2 000 THB, alcool au volant jusqu'à 20 000 THB. Les amendes impayées bloquent le départ à l'aéroport.
- Numéros à enregistrer : Tourist Police 1155, ambulance 1669, police 191.
1. Avant de louer, ce qu’il faut savoir
Le PCX ou ADV 160cc convient à la majorité des profils. Le Scoopy/Click suffit en ville sur terrain plat. Le XMAX/Forza est réservé aux conducteurs expérimentés.
Un bon loueur remet un contrat écrit, accepte une copie de passeport + caution en espèces, fournit des casques corrects et a un WhatsApp actif. Vérifier les avis Google Maps avant de signer.
Ne jamais laisser le passeport original en caution — c’est illégal en Thaïlande.
Vérifier au contrat : certains scooters ont un GPS avec interdiction de quitter l’île (5 000 THB/jour en cas de sortie) et une limite kilométrique journalière.
C’est la question que beaucoup ne se posent pas assez tôt, et qui devient problématique le jour d’un contrôle ou d’un accident.
En Thaïlande, conduire un scooter ou une moto nécessite un permis international (IDP) catégorie A. Pas un permis B voiture, pas un A1 limité, un A complet. La distinction entre cylindrées qui existe en France n’existe pas ici. Un 125cc est traité comme une moto au sens de la loi thaïlandaise.
Ce permis international s’obtient en ligne sur le site de l’ANTS. Après avoir complété le dossier il faut envoyer une photocopie de son permis de conduire national, une photo d’identité et une enveloppe timbrée. Le délai est d’environ 3 à 4 mois actuellement.
Le permis de conduire international est valable trois ans et, lors de contrôles en Thaïlande, doit être accompagné en plus du permis national et d’une photocopie du passeport.
L’offre à Phuket couvre un large spectre, du petit automatique d’entrée de gamme aux maxi-scooters puissants. Le choix dépend du profil du conducteur, des routes prévues et de la durée du séjour.
Le Scoopy et le Click 110-125cc sont les modèles les plus répandus. Il convient parfaitement pour se déplacer en ville ou sur terrain plat. Léger, facile à manœuvrer, économique. C’est le choix logique pour un séjour à Patong ou Phuket Town. Mais ses limites se font sentir dès qu’une côte se présente avec un passager.
Le PCX 160cc ou L’ADV 160cc couvre la majorité des profils. Puissant sans être impressionnant, à l’aise sur route comme dans les montées, c’est la base solide pour explorer l’île. La différence entre les deux est minime. L’ADV a une garde au sol légèrement plus haute, utile si l’itinéraire sort des zones touristiques vers les routes du nord. Pour la plupart des séjours, les deux se valent.
Le XMAX 300 et le Forza 350 s’adressent aux conducteurs expérimentés. Puissants, confortables sur longue distance, mais moins maniables en milieu urbain dense comme à Patong et sensiblement plus chers à la location.
Les fourchettes ci-dessous sont celles observées à Phuket en 2025/2026. Il va sans dire que les prix varient selon le loueur, la zone et la saison. Haute saison (novembre à avril) vous pouvez compter 15 à 20 % de plus environ sur le tarif.
| Modèle | Journée | Semaine | Mois |
| Scoopy / Click 110-125cc | 250-300 THB | 1 200-1 500 THB | 3 000-3 500 THB |
| PCX 160cc / ADV 160cc | 450-600 | 3000-4500 | 5000-6000 |
| XMAX / Forza 300+ | 700-800 | 4000-6000 | 6 000+ |
À Phuket, les scooters se louent partout : agences dédiées, resorts, bords de route, commerces qui s’improvisent loueurs le temps d’une saison. La différence entre un bon et un mauvais loueur ne se voit pas toujours au premier coup d’œil.
Un loueur sérieux remet systématiquement un contrat écrit en anglais. Il ne demande pas le passeport original en caution, au contraire, il accepte une copie accompagnée d’un dépôt en espèces. Il explique clairement ce qui est couvert en cas de dommage et ce qui ne l’est pas. Le parc est récent, les scooters bien entretenus, les pneus en bon état.
Regarder les casques proposés est un bon test rapide. Un loueur rigoureux fournit des casques propres, avec visière intacte, en taille adaptée. Des casques fissurés ou sans visière en disent long sur l’état général de l’activité.
Autre signe contre-intuitif : les loueurs sérieux sont souvent ceux qui demandent le permis. La majorité n’en fait rien, ils louent à n’importe qui. Ceux qui vérifient ont une vraie démarche, pas juste une opération cash.
Enfin, vérifier qu’un numéro WhatsApp actif est fourni avec le contrat. En cas de panne ou d’accident sur la route, avoir quelqu’un à joindre rapidement change considérablement la situation.
Avant de s’engager, consulter les avis Google Maps du loueur. Les témoignages sur les retenues de caution abusives y sont souvent visibles et révélateurs.
– Patong : Rental Motor Patong
– kata/Karon : Tamarind Motorbike Rentals
– Phuket Town : Phuket Scooter Rental (livraison à l’hôtel si besoin)
– Phuket Town : Som Motorbike Rental (référence historique de Phuket Town)
– Rawai / Nai Harn : PhuketScoot
La quasi-totalité des loueurs demandent une caution avant de remettre les clés. Pour un 125cc, la norme raisonnable se situe entre 3 000 et 4 000 bahts en espèces. Pour les grosses motos, cette somme peut monter jusqu’à 10 000 bahts.
Certains loueurs équipent leurs scooters d’un GPS et interdisent contractuellement de quitter l’île de Phuket. En cas de sortie détectée, l’amende peut atteindre 5 000 bahts par jour. Par ailleurs, certaines locations sont limitées à 100 kilomètres par jour. Dépasser ce seuil déclenche des frais supplémentaires. Ces deux clauses doivent être vérifiées au contrat avant tout départ.
2. Les photos à faire avant de partir
Photographier le compteur kilométrique au départ.
Tester freins, feux, klaxon et clignotants avant de signer. Un problème découvert devant le loueur est un problème réglé. Découvert sur une descente vers Kata, c’est une autre histoire.
Envoyer immédiatement la vidéo et les photos au loueur par WhatsApp. L’horodatage fait office de preuve.
C’est une étape que beaucoup bâclent ou sautent. C’est aussi la seule protection réelle contre les accusations de dommages que le scooter présentait déjà à la location.
Avant de quitter le loueur, photographier systématiquement la carrosserie sous tous les angles : avant, arrière, côtés, dessous du carénage. Chaque rayure, chaque impact, chaque trace d’usure existante doit apparaître sur les photos. Ne pas oublier les pneus (état des flancs et de la bande de roulement), les jantes, les rétroviseurs… TOUT !
Photographier également le compteur kilométrique pour garder une trace du kilométrage au départ. Utile si une limite journalière est prévue au contrat. Tester le klaxon, les feux avant et arrière, les clignotants et le cadenas s’il y en a un avant de partir. Un équipement défectueux doit être signalé immédiatement et noté sur le contrat.
Et avant de signer, faites un tour de test avec le véhicule, même trente mètres suffisent. Les freins ne se voient pas sur une photo, et à Phuket, avec les descentes vers Kata, Karon ou le Big Buddha, mieux vaut le savoir devant le loueur.
Également, envoyer immédiatement l’ensemble des photos au loueur par WhatsApp ou message. L’horodatage numérique constitue une preuve solide en cas de litige au retour. Un loueur de bonne foi n’y verra aucun inconvénient.
3. Les arnaques potentielles lors d’une location de scooter
Le passeport laissé en caution transforme n’importe quel litige en otage. Avec un vol imminent, la plupart des gens paient sans négocier.
Du côté de la police : amende annoncée au-dessus du tarif légal avec proposition de régler sans reçu. Exiger un reçu officiel à chaque amende, c’est une obligation légale pour le policier. En cas de litige avec un loueur, un policier peut apparaître pour arbitrer et trancher systématiquement en faveur du loueur. Appeler le 1155 sans attendre.
Le faux dommage
L’arnaque la plus fréquente consiste à réclamer le paiement de dommages que le scooter présentait déjà avant la location, ou que le loueur lui-même a provoqués. Sans photos au départ, le locataire n’a rien pour se défendre.
Le casque manquant ou défectueux
La variante la plus élaborée : le scooter vous est loué avec un casque manquant ou défectueux, qui n’est pas mentionné sur le contrat. Au retour, le casque est facturé comme un équipement endommagé ou perdu. Du coup pensez à vérifier l’état du casque (ou des casques) avant de partir et le faire noter si nécessaire.
Le passeport comme levier de pression
Quand un loueur réclame 6 000 THB pour une rayure et qu’il a le passeport en caution, la situation bascule. Le vol part dans deux jours. Impossible de quitter le territoire sans ce document. La plupart des gens finissent par retirer le cash sans négocier, même en sachant que c’est une arnaque. C’est exactement pour ça que laisser le passeport ne transforme pas seulement une location en risque, ça la transforme en otage.
L’arnaque essence
Ce n’est pas une norme, si le scooter est livré plein au retour vous devez le rendre plein. Si vous ne l’avez pas fait le loueur estime que le niveau n’est « pas suffisant » et propose de faire le plein lui-même. Le tarif affiché peut aller de 300 à 400 THB pour un réservoir qui coûte 150 THB à la station d’à côté. Donc pensez à revenir avec le plein !
La panne organisée
La panne organisée est plus beaucoup plus rare mais existante malgré tout. Le loueur vide le réservoir ou simule une défaillance mécanique pour que le scooter tombe en panne en cours de route. Il récupère le véhicule et conserve la caution sous prétexte d’une utilisation défectueuse.
Le vol organisé
Certains loueurs moins scrupuleux vont jusqu’à organiser le vol du scooter (en conservant un double de clé) puis à facturer le remplacement au locataire. Ce scénario reste vraiment très très rare mais sachez au moins qu’il existe.
L’assurance inutile forcée
Certains loueurs présentent une assurance complémentaire comme obligatoire au moment de signer. Elle ne l’est pas. De plus si une assurance voyage a été souscrite en France avec couverture deux-roues explicite, cette assurance loueur est superflue.
La très grande majorité des policiers thaïlandais qui tiennent des checkpoints de contrôle font leur travail normalement. Mais à Phuket, dans les zones très touristiques, des cas de corruption ont été documentés et rapportés dans certains cas.
Le coup de pression
La forme la plus courante de se retrouver face à un policier qui va vous annoncer verbalement un montant d’amende supérieur au tarif légal, puis vous proposer de « régler ça directement » sans reçu. La protection contre ce scénario est simple, connaître les vrais montants légaux (voir plus bas) et exiger systématiquement un reçu officiel. En Thaïlande, le policier est légalement obligé de remettre un reçu pour toute amende perçue.
Le policier complice du loueur
Quand un litige avec un loueur dégénère, un policier peut apparaître pour « arbitrer ». Il tranche systématiquement en faveur du loueur. Une fois de plus il ne faut rien payer, ne rien signer, et appeler immédiatement la Tourist Police au 1155.
4. La police : points de contrôle et amendes
Sans permis international valide : 1 000 THB minimum. Alcool au volant : 5 000 à 20 000 THB et prison possible. Cannabis au volant : jusqu’à 20 000 THB ou un an de prison. La vape est traitée comme une drogue.
Les amendes impayées bloquent le départ à l’aéroport depuis 2026.
Les checkpoints fixes à connaître : rond-point de Chalong (actif toute la journée), entrée de Patong depuis Karon (quasi permanent), Kata/Karon Viewpoint (alcoolémie et fouilles surtout après 20h).
Après une amende réglée, conserver le reçu. Il protège contre une double verbalisation sur le même secteur dans les deux heures qui suivent.
Montants des amendes
Depuis le 1er avril 2026, la Thaïlande a renforcé son dispositif de contrôle routier avec un renforcement annoncé plus strict. La grande majorité des guides disponibles en ligne indiquent encore les anciens tarifs 500 bahts pour un casque manquant. Ce montant est désormais faux.
Voici les montants à jour :
| Infraction | Amende légale 2026 |
| Pas de casque | 2 000 ฿ ou 4000 ฿ pour conducteur + passager |
| Sans permis international valide | 1 000 ฿ minimum |
| Feu rouge / excès de vitesse | jusqu’à 4 000 ฿ |
| Alcool au volant | 5 000 à 20 000 ฿ + prison possible |
| Conduite sous cannabis | jusqu’à 20 000 ฿ ou 1 an de prison |
| Stationnement interdit | 500 ฿ |
| Vape / cigarette électronique | Traitée comme drogue. Confiscation et poursuite |
| Amendes impayées au départ | Bloquées à l’aéroport (nouveau 2026) |
Ces montants sont les tarifs légaux officiels. En pratique, il peut de temps en temps arriver que certains policiers négocient à la baisse contre un paiement direct sans reçu, ce qui constitue de la corruption, pas une amende.
Le ticket après amende : l’information terrain Phuket360
En effet, à Phuket, il arrive de temps en temps que deux checkpoints se succèdent sur un même axe à quelques centaines de mètres de distance. Sans cette connaissance, certains automobilistes paient deux fois pour la même infraction. Garder le reçu visible et le présenter au second checkpoint évite cette situation.
Néanmoins, sachez que même si le reçu permet de circuler un moment sans être verbalisé à nouveau, c’est une simple tolérance, pas un droit acquis !
Les checkpoints à Phuket ne sont pas aléatoires. Ils occupent des emplacements fixes, souvent les mêmes depuis des années, et leur activité suit des patterns horaires prévisibles.
Rond-point de Chalong :
l’un des points de contrôle les plus actifs de l’île, opérationnel pratiquement toute la journée. Incontournable pour qui circule entre le sud de l’île et Phuket Town.
Entrée de Patong depuis Karon :
checkpoint quasi permanent, particulièrement actif en direction de Patong. La concentration de touristes sur scooter dans cette zone explique l’intensité des contrôles.
Kata/Karon Viewpoint :
contrôles surtout en soirée, avec des vérifications d’alcoolémie et parfois des fouilles. Zone à surveiller particulièrement après 20h.
5. Conduire à Phuket
Sur un scooter, on est tout en bas de la hiérarchie des véhicules. Un bus ou un camion qui empiète sur la voie ne ralentit pas : céder systématiquement.
À certaines intersections, tourner à gauche au feu rouge est autorisé si un panneau bleu est présent sous le feu. Sans panneau : arrêt obligatoire.
Ne jamais verrouiller le bloc guidon en stationnement. Les scooters sont régulièrement déplacés à la main à Phuket. Un guidon bloqué forcé casse le neiman, aux frais du locataire.
Après la pluie, le sable sur les virages rend la chute facile. Les routes de montagne (Big Buddha, viewpoints de Karon) sont techniques et ne pardonnent pas l’erreur. La nuit, certains conducteurs locaux roulent sans phares, parfois à contresens. Les chiens errants traversent sans prévenir sur les axes secondaires.
Les bases
En Thaïlande, on roule à gauche. C’est le premier réflexe à acquérir, et il demande généralement un ou deux jours pour devenir naturel. Le dépassement se fait par la droite. Aux ronds-points, c’est comme en France, la priorité revient aux véhicules déjà engagés dans le rond-point même si les usagers locaux ne respectent pas toujours cette règle.
Le klaxon
Klaxonner est perçu comme grossier dans la culture thaïlandaise. Dans la circulation, le klaxon est réservé aux situations de danger réel, pas à l’impatience. Les clignotants sont peu utilisés par les conducteurs locaux (même si il est toujours très bien venu de le mettre !) c’est une raison de plus pour compenser par l’anticipation visuelle et garder ses distances.
L’appel de phares
L’appel de phares a une signification précise ici, il signifie ‘je passe en premier’, pas ‘je vous laisse passer’. Lorsqu’à un croisement, un véhicule sur la route principale actives ses phares, c’est un signal de ‘attention je passe’, pas de ‘tu peux passer’ !
Ce n’est pas dans le code de la route, mais c’est une réalité de la conduite thaïlandaise : plus le véhicule est grand, plus il a de facto la priorité. Un bus ou un camion qui empiète sur votre voie ne ralentit pas en supposant que vous allez vous pousser, il le fait parce que c’est l’usage. Sur un scooter, on est tout en bas de cette hiérarchie. Céder est un réflexe à adopter rapidement !
Le feu rouge à gauche, la règle que 95 % des touristes ignorent
En Thaïlande, tourner à gauche à un feu qui est rouge est autorisé à certaines intersections. Ces intersections sont signalées par un panneau bleu situé sous le feu et indiquant ‘tourner à gauche en sécurité’.
Du coup, vous arrêtez au feu rouge à ces carrefours sur la voie de gauche alors qu’on veut tourner revient à bloquer inutilement la circulation. Et attention, si vous allez tout droit, ne vous mettez pas sur la voit de gauche non plus, serrez à droite !
En Europe, verrouiller le guidon en stationnement est une habitude quasi automatique pour sécuriser un deux-roues. À Phuket, c’est une erreur à ne pas commettre !
Les scooters garés dans la rue sont régulièrement déplacés à la main par d’autres usagers, des commerçants ou des agents municipaux, pour libérer l’espace ou réorganiser le stationnement, ou simplement d’autres usagers désirants récupérer leur deux roues. Quand le guidon est bloqué, le scooter ne peut pas être bougé facilement. Regardez sur la photo ci-dessous la taille du parking. Vous imaginez bien que si tout le monde met le bloc guidon ça devient un gros problème.
La tentation de forcer le mécanisme pour le déplacer existe mais cela casse le neiman. Les frais de remplacement sont alors imputés au locataire.
Plusieurs caractéristiques de la circulation à Phuket méritent d’être connues avant de prendre la route pour la première fois.
Après une pluie (et elles sont fréquentes particulièrement entre mai et octobre), le sable déposé sur la route par le ruissellement rend certains virages particulièrement glissants.
Les routes de montagne constituent un cas à part. La montée vers le Big Buddha, celle menant aux viewpoints de Karon ou les cols entre les plages du sud impliquent des pentes raides et des virages serrés. Pour un conducteur peu expérimenté, ces routes ne pardonnent pas l’erreur. Les descentes demandent un freinage progressif et anticipé. Et une fois de plus, par temps de pluie ces pentes sont très dangereuses : n’oubliez pas, ce sont des pluies tropicales, donc on se retrouve vite face à une cascade d’eau !
À cela s’ajoute un danger peu visible : les conducteurs locaux qui roulent sans phares le soir, parfois à contresens sur quelques centaines de mètres pour couper un trajet. On ne les détecte pas avant qu’ils soient devant soi.
On peut aussi dire un mot sur les chiens errants qui sont une présence régulière sur les routes de Phuket. La plupart restent sur le bas-côté et ne posent aucun problème. Mais sur les axes secondaires et les rues calmes, il arrive qu’ils traversent brusquement ou qu’ils soient tout simplement couchés en plein milieu de la route. La nuit, sans éclairage public, on ne les voit pas forcément venir, donc faites attention à ces braves bêtes !
6. Alcool, cannabis et conduite à Phuket en 2026
Accident sous alcool : toutes les assurances sont annulées sans exception. Frais médicaux, dommages, soins des tiers : tout reste à la charge du conducteur.
Pendant Songkran (11-15 avril à Phuket) et le Nouvel An de décembre, laisser le scooter garé. Ce sont les deux périodes les plus dangereuses de l’année sur les routes thaïlandaises.
Depuis juin 2025, le cannabis récréatif est à nouveau illégal en Thaïlande. Conduire sous cannabis : jusqu’à 20 000 THB ou un an de prison. Fumer sur un scooter en mouvement cumule deux infractions distinctes.
La vape est traitée comme une drogue en Thaïlande. Confiscation et poursuites à la clé.
La limite légale de taux d’alcoolémie en Thaïlande est fixée à 0,05 % (50 mg pour 100 ml de sang) pour les conducteurs adultes titulaires d’un permis depuis plus de cinq ans. Pour les moins de 20 ans, les détenteurs d’un permis provisoire ou ceux qui conduisent sans permis valide, le seuil tombe à 0,02 %.
Refuser de souffler dans l’éthylotest équivaut légalement à être reconnu coupable. Les policiers sont habilités à stopper n’importe quel conducteur pour un test, sans avoir à justifier un motif particulier. Les checkpoints d’alcoolémie sont évidement particulièrement actifs la nuit, principalement autour des zones festives de Patong et Karon.
Les sanctions en cas de dépassement de la limite vont de 5 000 à 20 000 bahts d’amende et peuvent inclure une peine d’emprisonnement. Pour les étrangers, une condamnation peut entraîner une déportation.
L’accident sous alcool = assurance annulée
Si un accident survient avec un taux d’alcoolémie positif, même légèrement, aucune assurance ne joue. Ni l’assurance voyage souscrite en France, ni celle du loueur. Le conducteur absorbe tout, frais médicaux, dommages matériels, et potentiellement les soins des tiers. C’est la conséquence la plus lourde et la plus sous-estimée.
Les « Seven Dangerous Days »
terme utilisé officiellement pour désigner la semaine autour de Songkran (Nouvel An thaïlandais, autour du 13-15 avril chaque année, avec les festivités qui démarrent dès le 11 à Phuket). Les checkpoints de police explosent, les routes se remplissent de conducteurs alcoolisés, et les statistiques d’accidents sont sans appel. Une période équivalente existe autour du Nouvel An international fin décembre. Si le séjour tombe sur l’une de ces fenêtres, laisser le scooter à domicile n’est pas une précaution excessive, c’est du bon sens croyez-en notre expérience.
Depuis juin 2022, la Thaïlande avait décriminalisé le cannabis, créant une zone grise qui permettait une consommation largement tolérée. Les boutiques se sont multipliées à Phuket comme partout dans le pays.
Ce que la plupart des guides ne disent pas encore : Depuis fin juin 2025, la Thaïlande a refermé la parenthèse du cannabis récréatif. Désormais, les touristes ne peuvent plus acheter, détenir, consommer ou transporter des fleurs de cannabis sans ordonnance médicale délivrée en Thaïlande par un praticien agréé. En clair, ce qui pouvait sembler toléré auparavant ne l’est plus. Bien sûr, les boutiques existent encore et fonctionnent dans une zone grise juridique. Mais acheter et consommer du cannabis en tant que touriste comporte désormais un risque légal réel.
Ainsi, conduire sous l’influence du cannabis est illégal, même pour les personnes disposant d’une ordonnance médicale. Les sanctions peuvent atteindre 20 000 bahts d’amende et un an d’emprisonnement.
Et si on pousse le scénario un cran plus loin : fumer en roulant cumule deux infractions distinctes simultanément. En effet fumer dans un espace public est une infraction à part entière, passible de 25 000 THB d’amende et 3 mois de prison. Sur un scooter en mouvement, c’est les deux en même temps !
7. Les assurances pour la location d’un deux roues
Les cartes bancaires Visa, Mastercard, Gold ou Premier excluent quasi systématiquement les deux-roues motorisés.
Une fracture avec chirurgie à Phuket coûte entre 8 000 et 15 000 € dans une clinique privée sans assurance.
Les assurances voyage françaises excluent souvent les scooters par défaut. Nous vous recommandons d’utiliser l’assurance SafetyWing.
Sans permis international valide, aucune assurance ne joue, quelles que soient les garanties souscrites.
En théorie, tous les scooters loués à Phuket sont couverts par l’assurance obligatoire thaïlandaise, connue sous le nom de CTPL ou Por Ror Bor. Le loueur mentionne souvent cette assurance pour rassurer le client. Mais son fonctionnement réel est très différent de ce que l’on imagine.
La CTPL (Compulsory Third Party Liability) couvre les tiers uniquement. En cas d’accident impliquant un autre véhicule ou un piéton, les dommages causés à la tierce partie sont pris en charge. En revanche, dans le contexte d’une location commerciale, le conducteur du scooter loué n’est pas couvert. Ses frais médicaux, ses dommages corporels, les réparations du scooter etc… tout reste à sa charge !
Un accident à Phuket sans couverture complémentaire peut rapidement représenter des dizaines de milliers de bahts. Les cliniques privées pratiquent des tarifs élevés, et l’hôpital Bangkok Hospital Phuket (référence pour les urgences sérieuses) est onéreux sans assurance.
Certains loueurs proposent une assurance complémentaire qui couvre le conducteur. C’est une option qui peut malgré tout être intéressante si elle est disponible, en vérifiant que le montant de couverture médicale est suffisant (200 000 bahts minimum est un seuil raisonnable).
Pour donner un ordre de grandeur concret : une fracture après chute de scooter à Phuket, avec chirurgie et suivi dans une clinique privée, coûte entre 8 000 et 15 000 €. C’est ce qui attend un conducteur sans couverture complémentaire.
Assurance voyage en France
Du côté des assurances voyage souscrites en France, la couverture des deux-roues motorisés est souvent exclue par défaut. Il faut lire les conditions générales attentivement, ou mieux, appeler l’assureur avant le départ pour confirmer. Parmi les assureurs qui couvrent explicitement les scooters on retrouve : Heymondo, AVI International et ACS Globe Partner. Chapka est fiable également mais varie selon la formule. Pour un séjour classique de moins de 90 jours, Heymondo est bien placé avec un plafonds élevés, zéro franchise sur les frais médicaux, gestion via application mobile. Pour un séjour long ou un profil nomade, SafetyWing est plus adapté (c’est celle que nous utilisons ici à Phuket360).
Deux points à vérifier avant de souscrire : le plan Essential (le moins cher du coup) ne couvre que les scooters en dessous de 50cc, il ne suffit pas pour la Thaïlande, c’est la raison pour laquelle on ne vous le recommande pas. Et n’oubliez pas : comme pour toute assurance, les conditions restent claires, permis valide et casque obligatoires pour être couvert !
8. Scooter ou pas ? Selon où l’on est à Phuket
Au cap Promthep et au Big Buddha, venir sans scooter expose à des tarifs de retour élevés. On est loin de tout une fois la visite terminée et les chauffeurs le savent.
Le scooter est inutile à Patong (circulation dense, checkpoints, Grab permanent), à Phuket Town (ville compacte, Dragon Line gratuite) et à Kata/Karon (accessibles à pied l’une depuis l’autre, songthaew vers Phuket Town pour 20 à 40 THB).
Prendre Grab plutôt que conduire : la première nuit sur l’île, après toute soirée avec alcool, pour les routes de montagne si on est débutant, et par pluie intense.
Dans certaines zones de l’île, renoncer au scooter revient à dépendre entièrement des taxis et de Grab pour chaque déplacement (voire du bus), ce qui finit par coûter cher et limiter la liberté de mouvement.
Rawai et Nai Harn, dans le sud de l’île, sont deux zones où les points d’intérêt sont suffisamment éparpillés pour que le scooter change réellement la qualité du séjour. Les plages cachées de la pointe sud comme Freedom Beach, Ao Sane ou Ya Nui ne sont accessibles confortablement qu’à deux-roues.
La zone de Chalong, avec ses accès vers les temples, la marina et les routes intérieures, est une autre zone où l’autonomie du scooter fait une vraie différence. Les Grab ne sont pas rares, mais les temps d’attente peuvent être longs selon les heures.
Le nord de l’île fonctionne sur la même logique de dispersion. Bang Tao, Surin, Kamala et Layan s’étirent sur une longue bande côtière où les plages et les spots sont suffisamment espacés pour que le scooter change vraiment la donne. Grab y est moins disponible qu’à Patong, et certains accès comme Banana Beach ou Nai Thon demandent une flexibilité que seul un deux-roues permet vraiment.
Patong est l’exemple typique de la zone où le scooter crée plus de contraintes qu’il n’en résout. La circulation y est dense, le stationnement difficile, les checkpoints fréquents, et Grab est disponible en permanence à des tarifs raisonnables. Pour quelqu’un qui séjourne uniquement à Patong et ne prévoit pas de sortir de la zone, louer un scooter n’a pas grand intérêt.
Phuket Town, de son côté, est une ville relativement compacte à explorer à pied ou en songthaew. Le réseau est suffisant pour les déplacements courants sans avoir à se préoccuper du stationnement.
Elle circule en boucle entre les principaux points du centre historique, avec environ 16 arrêts, dont le Phuket Thaihua Museum, Dibuk Road ou encore le centre commercial Limelight.
Avec une fréquence d’environ 15 minutes entre 10h et 21h, c’est clairement la solution la plus pratique pour visiter la vieille ville
Kata et Karon constituent une autre zone où le scooter est loin d’être indispensable. Les deux plages se touchent et sont accessibles à pied l’une depuis l’autre en longeant le bord de mer. La zone est suffisamment compacte pour qu’un séjour entier sans deux-roues soit tout à fait viable, à condition de ne pas prévoir d’explorer hors de la zone. Le songthaew relie les deux à Phuket Town pour 20 à 40 THB.
Quelques situations où Grab est systématiquement la meilleure option, quelle que soit la zone de séjour.
La première nuit sur l’île, le temps de s’acclimater à la conduite à gauche et au comportement du trafic local. La conduite de nuit dans les zones festives après une soirée comprenant de l’alcool sans exception. Les accès aux routes de montagne (Big Buddha, viewpoints) pour les conducteurs peu expérimentés. Les périodes de pluie intense, quand la visibilité chute et que le sable sur les virages rend la chute facile.
Sachez également que l’application Bolt est régulièrement 20 à 30 % moins cher que Grab et est devenu l’application favorite des expats et voyageurs économes. Il est légalement certifié à Phuket depuis 2023. Plus cher qu’InDrive en termes de prix, mais plus fiable en termes de disponibilité des chauffeurs.
9. En cas de problème
Sans permis valide ou sans casque au moment de l’accident : aucune assurance ne couvre, et le conducteur est considéré responsable par défaut.
Si le loueur retient la caution : exiger le détail écrit des dommages, comparer avec les photos horodatées du départ, ne payer qu’avec accord écrit. Ne jamais rendre les clés avant d’avoir la caution en main.
Retenir un passeport est illégal en Thaïlande. Tourist Police : 1155. Ambassade de France à Bangkok : +66 2 657 7000.
Ne jamais mentionner sa date de départ pendant un litige.
Ne pas déplacer les véhicules avant l’arrivée de la police, sauf si la position met en danger d’autres usagers. Photographier immédiatement la scène : position des véhicules, plaques d’immatriculation, dommages visibles, blessures éventuelles etc…
Les numéros à avoir enregistrés :
le 1669 pour l’ambulance, le 191 pour la police, le 1155 pour la Tourist Police (anglophone). Prévenir le loueur rapidement est également une obligation contractuelle dans la plupart des cas.
Ne jamais signer sans comprendre :
un réflexe crucial et peu mentionné : à l’arrivée de la police, ne rien signer avant d’avoir compris le document. En cas de doute, attendre la Tourist Police (1155) qui peut servir d’intermédiaire anglophone et juridique.
Photographier les documents de la partie adverse :
photographiez le permis, les papiers du véhicule et les coordonnées de l’autre conducteur. C’est ce qui permet de constituer un dossier assurance solide.
Appeler son assurance immédiatement :
c’est le réflexe le moins naturel mais le plus important. Une assurance sérieuse peut contacter l’hôpital directement pour éviter toute avance de frais, fournir une assistance juridique, et organiser un rapatriement si nécessaire. Attendre d’être rentré à l’hôpital ou même en France pour déclarer est souvent une erreur.
Et évidement, il faut se rendre à l’hôpital même pour une blessure qui semble légère. La consultation médicale est nécessaire pour constituer un dossier d’assurance valable. L’hôpital Bangkok Hospital Phuket est la référence pour les urgences avec personnel anglophone.
Avant d’accepter quoi que ce soit, demander par écrit le détail précis des dommages réclamés. Comparer avec les photos prises au départ (horodatées et envoyées par WhatsApp). Si les dommages apparaissent sur les photos de départ, bah c’est une preuve que la situation préexistait à la location !
Ne jamais payer sans accord écrit précisant la nature du dommage et le montant. En cas de blocage, la Tourist Police (1155) peut intervenir. La publication d’un avis circonstancié sur Google Maps et TripAdvisor constitue également une pression efficace sur les loueurs de mauvaise foi.
Également, il ne faut jamais restituer les clés du véhicule avant d’avoir la caution en main. L’échange doit être simultané : clés contre cash, au même moment. Une fois les clés rendues sans avoir récupéré la caution, le rapport de force bascule complètement et il est très difficile de le rétablir.
Retenir un passeport en garantie est illégal en Thaïlande. Si un loueur refuse de le restituer, contacter immédiatement la Tourist Police au 1155. En dernier recours, l’Ambassade de France à Bangkok est joignable au +66 2 657 7000.
Ne jamais mentionner sa date de départ pendant le litige
C’est le levier de pression classique. Un loueur qui sait que le vol part dans 24h sait exactement combien de temps il a pour tenir. Si la situation se bloque, ne donner aucune indication sur l’échéance du départ, ça change complètement le rapport de force dans la négociation.
10. Checklist avant de prendre la route
Avant de prendre la route, vérifier chaque point de cette liste. Quinze minutes de préparation peuvent éviter des journées de complications.
- ✅ Permis international catégorie A en poche, accompagné du permis national (et dans l’idéal d’une photocopie de votre passeport)
- ✅ Photos/vidéo du scooter sous tous les angles, envoyées par WhatsApp au loueur avec l’heure d’envoi visible
- ✅ Compteur kilométrique photographié au départ ainsi que la jauge d’essence
- ✅ Tour de test effectué : freins, feux, klaxon, clignotants, niveau d’essence
- ✅ Contrat signé en bonne et due forme, copie gardée
- ✅ Assurance voyage vérifiée : la clause deux-roues motorisés est explicitement couverte
- ✅ Caution versée en espèces (passeport original resté en poche)
- ✅ GPS et limite kilométrique vérifiés avec le loueur
- ✅ Casques vérifiés pour conducteur ET passager : taille correcte, fermeture fonctionnelle, visière en bon état
- ✅ Applications Grab, InDrive et Bolt installées et configurées au cas où
- ✅ Numéros enregistrés : Tourist Police 1155 — Ambulance 1669 — Police 191 — Loueur
